Pathologie · Cheville · Sport
Entorse latérale de cheville
Comprendre la blessure, reprendre l’appui au bon moment et reconstruire une cheville mobile, forte et prête aux contraintes du sport.
Qu’est-ce qu’une entorse latérale de cheville ?
Une entorse correspond à l’atteinte d’un ou plusieurs ligaments stabilisant l’articulation. Sur la face externe de la cheville, le ligament talofibulaire antérieur est le plus fréquemment touché. Le mécanisme habituel associe un mouvement rapide du pied vers l’intérieur, souvent en flexion plantaire.
Situations fréquentes
- réception de saut ;
- changement de direction ;
- contact avec un adversaire ;
- course sur terrain irrégulier ;
- faux pas dans la vie quotidienne.
Symptômes possibles
- douleur sur le bord externe ;
- gonflement et parfois hématome ;
- difficulté à marcher ;
- perte de mobilité ;
- appréhension ou sensation d’instabilité.
Le traitement moderne : protéger sans arrêter de bouger
Pour la majorité des entorses, les recommandations privilégient une prise en charge fonctionnelle précoce plutôt qu’une immobilisation prolongée. La charge, la mobilité et les exercices sont réintroduits selon la douleur, la qualité du mouvement et l’évolution réelle de la cheville.
Protéger
Chevillère, strapping ou aide à la marche si nécessaire. Une immobilisation courte peut être indiquée dans certaines formes sévères.
Reprendre l’appui
Restaurer progressivement une marche fluide sans attendre obligatoirement la disparition totale de toute gêne.
Reconstruire
Mobilité, mollet, fibulaires, muscles du pied, force du membre inférieur, équilibre et contrôle neuromusculaire.
Réexposer
Impacts, course, sauts, réceptions, accélérations, freinages et changements de direction spécifiques au sport.
Marche, glace, douleur : les réponses utiles
Peut-on marcher ?
Souvent oui, avec une progression adaptée. Si la douleur est forte ou si la marche entraîne une boiterie importante, la charge doit être diminuée avant d’être réaugmentée.
Quelle place pour la glace ?
Elle peut soulager temporairement la douleur. Elle reste un outil de confort et ne remplace ni la remise en charge, ni la mobilité, ni le renforcement.
Une légère douleur est-elle acceptable ?
Une gêne faible et contrôlée peut être acceptable si elle reste tolérable, ne dégrade pas fortement le mouvement et revient ensuite au niveau habituel. La réaction le lendemain guide le dosage.
Faut-il une chevillère ?
Elle peut faciliter la reprise et réduire le risque de récidive chez certains sportifs. Elle complète la rééducation mais ne la remplace pas.
Pourquoi la mobilité, la force et l’équilibre comptent
Retrouver la dorsiflexion
Une mobilité suffisante facilite la marche, les escaliers, le squat, la course, les réceptions et les changements de direction. La thérapie manuelle peut parfois aider à court terme, mais elle reste complémentaire d’une prise en charge active.
Développer la force
L’entorse peut diminuer la capacité à produire et absorber rapidement de la force. Le travail concerne le mollet, les fibulaires, le pied et l’ensemble du membre inférieur.
Restaurer le contrôle
Le travail progresse de l’appui unipodal vers les mouvements, perturbations, réceptions, sauts, changements de direction et situations imprévues.
Prévenir la récidive
L’exercice thérapeutique diminue le risque de nouvelle entorse. L’équilibre, le contrôle neuromusculaire et, selon le contexte, la chevillère ont une place en prévention secondaire.
Reprendre le sport avec le cadre PAASS
Le nombre de jours écoulés et l’absence de douleur ne suffisent pas. Le consensus international PAASS propose d’évaluer cinq domaines avant la reprise sportive complète.
Quand recommencer à courir ?
La course est réintroduite lorsque la mobilité, la force, le contrôle, la tolérance aux impacts et la confiance sont suffisants. La progression peut porter successivement sur la durée, la vitesse, le volume, les accélérations, les décélérations puis les changements de direction.
Marche et escaliers
Appui toléré, démarche suffisamment fluide et réaction acceptable le lendemain.
Impacts simples
Montées sur pointe, petits rebonds et réceptions contrôlées.
Course progressive
Alternance course-marche, puis augmentation graduelle de la durée et de la vitesse.
Contraintes sportives
Sauts, freinages, changements de direction, fatigue et situations imprévues.
Quand faut-il consulter rapidement ?
Une évaluation médicale est importante pour exclure une fracture ou une lésion associée en cas de :
- impossibilité importante de prendre appui ;
- douleur osseuse marquée ;
- déformation visible ;
- douleur située plus haut sur la jambe ;
- douleur marquée du médio-pied ;
- blocage articulaire ;
- gonflements répétés ;
- perte brutale de force ;
- symptômes neurologiques ;
- évolution inhabituelle ou défavorable.
Une entorse qui n’évolue pas comme prévu mérite d’être réévaluée.
Questions fréquentes
Combien de temps dure une entorse ?
Il n’existe pas de délai unique. La récupération dépend de la sévérité, des lésions associées, des exigences professionnelles ou sportives et de la réponse à la charge. La reprise doit suivre des critères fonctionnels, pas uniquement un calendrier.
Une radio est-elle toujours nécessaire ?
Non. L’examen clinique et les critères décisionnels orientent la nécessité d’une imagerie. Une douleur osseuse importante ou une impossibilité d’appui justifient une évaluation rapide.
Pourquoi ma cheville se dérobe-t-elle encore ?
Après une ou plusieurs entorses, une instabilité chronique peut associer récidives, perte de confiance, déficit de force et altération du contrôle sensorimoteur. Une rééducation complète reste indiquée.
La contention suffit-elle pour reprendre le sport ?
Non. Une chevillère peut réduire le risque de récidive dans certains contextes, mais elle ne restaure pas à elle seule la mobilité, la force, le contrôle ou les capacités spécifiques au sport.
Références scientifiques
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Cette page fournit une information générale et ne remplace pas un diagnostic médical individualisé.
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